Méthode

Anki en médecine (PASS/LAS) : le guide pour bien l’utiliser

Un panorama complet d’Anki pour les études de médecine : de l’installation aux réglages avancés, en passant par la création de flashcards efficaces.

Étudiant en médecine révisant avec des flashcards Anki

Mis à jour le 21 juillet 2026

Anki : le guide complet pour réussir en médecine

Nous vous présentons aujourd’hui Anki, l’outil susceptible de faire véritablement la différence dans vos études de médecine.

Anki est une application de flashcards. Il s’agit d’une technique d’apprentissage très répandue, et pour une bonne raison : on retient toujours mieux en se testant. Mais Anki va plus loin que les flashcards classiques : il repose sur la répétition espacée, une version optimisée de la méthode des J où chaque carte est planifiée de manière adaptée à votre mémoire.

Pourquoi Anki s’impose en médecine

Anki est une application extrêmement populaire pour apprendre efficacement. Elle existe depuis longtemps et a largement fait ses preuves.

Le logiciel repose sur un principe simple et fonctionne sur téléphone (Android gratuit, iOS payant), sur ordinateur (gratuit) et via un navigateur web (gratuit).

Une réserve toutefois : l’interface sur ordinateur peut surprendre. Si vous ouvrez Anki et ressentez un certain inconfort, c’est normal : l’interface n’est pas la plus moderne. De très nombreux étudiants ont néanmoins franchi ce cap pour devenir très productifs avec l’application. Ne vous découragez pas et acceptez de devenir un utilisateur avancé.

Installation et premiers pas

Commencez par télécharger l’application depuis le site officiel : apps.ankiweb.net.

Attention pour les utilisateurs d’iPhone et d’iPad : l’application officielle AnkiMobile est payante (environ 25 €). C’est le choix des développeurs pour financer l’infrastructure. Vous disposez de plusieurs options : utiliser la version web gratuite (correcte pour tester, mais limitée), récupérer un ancien téléphone Android (l’application y est gratuite) ou acheter l’application (au vu du service rendu, cela se défend).

Méfiez-vous des copies : il existe des applications qui n’ont rien à voir avec le véritable Anki. Ces imitations contiennent des publicités, proposent des achats intégrés, risquent de faire perdre vos données (cela s’est déjà produit) et ne font pas partie de l’écosystème Anki. La règle d’or : toujours télécharger depuis le site officiel. Certains utilisateurs apprécient ces alternatives, mais nous vous invitons à rester vigilants, car jouer sur la confusion en dit long sur l’état d’esprit de ceux qui gèrent ces applications.

Pour vos premiers pas, le plus efficace sera sans doute de regarder une vidéo pédagogique en français, plus parlante qu’un article de blog. Une fois les bases couvertes, poursuivez votre lecture pour découvrir nos conseils pratiques appliqués à la médecine.

Conseils avancés issus de l’expérience

Une fois les bases acquises, voici les recommandations qui font véritablement la différence. Beaucoup d’étudiants commettent des erreurs avec Anki ; voici comment les éviter.

Activez FSRS, le nouvel algorithme, dans les paramètres. Il vous demandera moins de travail pour une meilleure rétention. Rendez-vous dans les options des paquets. Si vous comptez créer de nombreuses flashcards, réglez le taux de rétention souhaité à 0,90 (au lieu de 0,95 par défaut). Concrètement, l’algorithme veille à ce que vous ayez toujours plus de neuf chances sur dix de vous souvenir de chaque carte, et vous présente les cartes en révision lorsqu’elles passent sous ce seuil. C’est une manière idéale de se sentir en contrôle de ses révisions : si l’on suit le rythme, on sait que ses connaissances sont solides. Nous recommandons 0,90 plutôt que 0,95 parce qu’un seuil plus élevé occasionne beaucoup plus de travail pour un gain finalement faible.

Organisez vos paquets en arborescence : c’est très pratique pour s’y retrouver. Vous pouvez créer une hiérarchie, par exemple PASS, puis Anatomie (avec Membre supérieur et Membre inférieur), Physiologie ou Biochimie. La méthode qui fonctionne sur tous les appareils consiste à renommer le paquet en utilisant « :: » comme séparateur, par exemple « PASS::Anatomie::Membre supérieur ». Si cette ergonomie vous paraît douteuse, vous avez raison, mais c’est ainsi que fonctionne Anki.

Sachez que les cartes de type question/réponse ne sont qu’un modèle parmi d’autres : il existe aussi les cartes à trous. Les avis divergent sur leur efficacité. Les cartes à trous sont plus rapides à créer (des raccourcis clavier existent) mais entraînent un apprentissage plus superficiel. Notre avis : si vous disposez d’un bon générateur de flashcards ou que vous tapez très vite, privilégiez le format question/réponse.

Exploitez les temps morts : c’est la fonctionnalité phare d’Anki sur téléphone. Vous pouvez réviser dans le métro, en attendant le début d’un cours ou avant de dormir. En dix minutes, vous pouvez facilement parcourir cent flashcards. Bien utilisés, ces moments perdus font une réelle différence.

Synchronisez toujours : si vous utilisez à la fois votre téléphone et votre ordinateur, cliquez sur le bouton de synchronisation au début et à la fin de chaque session. Sinon, vous risquez un conflit de synchronisation, où il faut choisir entre la progression du téléphone et celle de l’ordinateur. En cas de perte de progression, pas de panique : sur ordinateur et sur Android, Anki conserve des sauvegardes automatiques datées de votre progression, ce qui a déjà sauvé de nombreux étudiants.

Pour l’anatomie, misez sur les schémas à remplir : collez une image anatomique et masquez les légendes. Anki créera autant de cartes que de légendes masquées.

Faut-il partager ses paquets ? Cela fonctionne bien si le groupe est très aligné sur le style des cartes, le rythme de création et le niveau de détail. Certains groupes ayant débuté ensemble sont revenus au travail en solo, faute d’un rythme adapté à chacun.

Anki et la méthode des J sont-ils compatibles ? Si vous créez peu de flashcards (une vingtaine ou une trentaine par cours), vous pouvez suivre la méthode des J et sortir Anki à ce moment-là. En revanche, si vous êtes un « flashcard maximaliste », laissez plutôt Anki optimiser vos révisions.

Combien de cartes créer ?

Il n’existe pas de nombre idéal, car tout dépend de votre stratégie globale d’apprentissage. En revanche, si vous décidez de devenir ce que nous appelons un « flashcard maximaliste » (quelqu’un qui apprend principalement de cette façon, quitte à réduire le nombre de QCM dans l’année), nous pouvons recommander de viser entre 4 000 et 9 000 cartes par semestre. Au-delà, le rythme devient presque insoutenable.

Nous avons vu un étudiant aller jusqu’à 37 000 cartes et finalement échouer à son année. Il nous a demandé de partager son expérience en guise de mise en garde pour ceux que le perfectionnisme tente.

Qu’est-ce qu’une bonne flashcard ?

En médecine, une bonne flashcard repose sur une question précise, une réponse précise et l’absence de longs paragraphes.

Par exemple, « Quelle est la dose maximale de paracétamol par jour ? » appelle la réponse « 3 g ». À l’inverse, une carte du type « Parle-moi du paracétamol » suivie de trois paragraphes de texte est à éviter.

Quand créer ses flashcards ?

Deux conditions sont à réunir avant de flashcarder : maîtriser globalement le cours (être capable de l’expliquer sans trop de difficulté) et avoir fait des QCM des années précédentes (pour savoir ce qui tombe). Une fois ces conditions remplies, la création de cartes ira très vite, car vous saurez exactement quoi cibler.

Cette position peut être relativisée : nous avons vu trois majors de première année réussir en flashcardant dès le jour zéro. Honnêtement, cela reste une stratégie risquée.

J’ai pris du retard sur Anki, est-ce grave ?

Bonne nouvelle : ce n’est pas grave du tout. Réviser après un intervalle plus long a un effet très positif : c’est ce qu’on appelle la « difficulté désirable » en sciences cognitives. Plus vous attendez, dans la limite du raisonnable, plus le souvenir se renforce.

En cas de retard vraiment important, baissez encore le taux de rétention souhaité (0,85 par exemple), activez l’option qui privilégie les cartes les plus fragiles, puis poursuivez tranquillement.

L’IA pour générer des cartes : bonne idée ?

Vous constaterez vite que la création de cartes prend un certain temps. Il est donc tentant d’utiliser des applications ou des outils comme ChatGPT pour cela. En général, nous mettons en garde contre cette pratique : les cartes ne sont pas toujours de bonne qualité et ne ciblent pas nécessairement ce qui est important pour vous.

Il existe toutefois une exception avec un outil appelé MajorPDF, qui se distingue en vous laissant sélectionner les flashcards proposées par l’IA tout en restant totalement en contrôle, puisqu’elles sont intégrées directement à votre PDF de cours.

Derniers conseils et conclusion

Placez vos erreurs de QCM dans Anki : c’est une véritable mine d’or pour les révisions. Utilisez les paquets filtrés pour les révisions de dernière minute et ne renoncez pas si l’interface vous rebute au départ.

Anki est un outil puissant qui demande un peu de pratique. Une fois le principe compris et votre rythme trouvé, il change véritablement la donne pour vos études. Bon courage : vous allez y arriver.

Pour aller plus loin

Pour compléter votre préparation, poursuivez avec nos guides : méthode des J, méthodes de révision, organisation de travail et nos formules.

Et pour les données officielles de votre année, appuyez-vous sur Parcoursup.

Questions fréquentes

Anki est-il gratuit pour les étudiants en médecine ?
Anki est gratuit sur ordinateur (Windows, Mac, Linux) et sur Android via l’application AnkiDroid, ainsi qu’en version web. Seule l’application iOS officielle, AnkiMobile, est payante - de l’ordre de 25 € en achat unique - car elle sert à financer le développement du logiciel. Autrement dit, tu peux utiliser Anki sérieusement sans dépenser un euro, sauf si tu tiens à réviser sur iPhone avec l’application native.
Combien de cartes Anki faut-il faire par jour en PASS ?
Il n’existe aucun chiffre magique, et c’est un piège d’en chercher un. La bonne pratique consiste à plafonner les nouvelles cartes assez bas pour que tes révisions quotidiennes restent faisables même en semaine chargée, car chaque carte ajoutée t’engage sur des dizaines de reprises futures. Le volume de cartes ne prédit pas le classement : si tes cartes dues s’accumulent, réduis le périmètre au lieu d’abandonner l’outil.
Faut-il créer ses cartes ou télécharger des decks tout faits ?
En PASS, la prudence s’impose avec les decks partagés : le concours est local, et un paquet fabriqué pour une autre faculté te fera mémoriser des détails hors programme en ratant les insistances de tes propres professeurs. Créer tes cartes a aussi une vertu pédagogique : formuler la question t’oblige à comprendre la notion. Le bon compromis consiste à créer peu de cartes, très ciblées, à partir de tes erreurs de QCM et des points que ton cours martèle. Un deck court et personnel bat presque toujours un deck géant importé.
Anki suffit-il pour réussir le PASS ?
Non, et il ne le prétend pas : Anki entretient ta mémoire, mais il ne remplace ni la compréhension initiale des cours, ni l’entraînement aux QCM de ta faculté, ni un planning qui fait tourner toutes les matières. Les épreuves testent ta capacité à répondre vite à des questions pièges dans le format local - ce qui se travaille sur les annales. Considère Anki comme un module de mémorisation au sein d’une méthode complète, pas comme la méthode elle-même.