Méthode

Anki en médecine PASS : réglages, decks et nombre de cartes

Les réglages à vérifier avant la première carte, ce que valent les decks partagés quand le concours est local, et le volume de cartes que l’on peut réellement tenir sur un semestre.

Étudiant en médecine révisant avec des flashcards Anki

Mis à jour le 29 juillet 2026

Anki en PASS : réglages, decks partagés et volume de cartes

Nous vous présentons aujourd’hui Anki, l’outil susceptible de faire véritablement la différence dans vos études de médecine.

Anki est une application de flashcards. Il s’agit d’une technique d’apprentissage très répandue, et pour une bonne raison : on retient toujours mieux en se testant. Mais Anki va plus loin que les flashcards classiques : il repose sur la répétition espacée, une version optimisée de la méthode des J où chaque carte est planifiée de manière adaptée à votre mémoire.

Pourquoi Anki s’impose en médecine

Anki est une application extrêmement populaire pour apprendre efficacement. Elle existe depuis longtemps et a largement fait ses preuves.

Le logiciel repose sur un principe simple et fonctionne sur téléphone (Android gratuit, iOS payant), sur ordinateur (gratuit) et via un navigateur web (gratuit).

Une réserve toutefois : l’interface sur ordinateur peut surprendre. Si vous ouvrez Anki et ressentez un certain inconfort, c’est normal : l’interface n’est pas la plus moderne. De très nombreux étudiants ont néanmoins franchi ce cap pour devenir très productifs avec l’application. Ne vous découragez pas et acceptez de devenir un utilisateur avancé.

Faut-il télécharger un deck Anki tout fait pour le PASS ?

C’est la première question que se posent la plupart des étudiants, et autant y répondre franchement : nous ne publions aucun deck Anki, et nous n’en téléchargerions un qu’avec beaucoup de prudence. Des paquets partagés existent, souvent déposés sur AnkiWeb par des étudiants et rattachés à une faculté précise ; d’autres sites les agrègent ou les revendent.

La raison de cette prudence est structurelle : le concours de première année est local. Un paquet fabriqué pour une autre faculté vous fera mémoriser des détails hors programme tout en manquant les insistances de vos propres professeurs, qui sont précisément ce qui tombe aux épreuves. Un deck de plusieurs milliers de cartes venu d’ailleurs n’est donc pas un raccourci : c’est un programme de travail qui n’est pas le vôtre.

Créer ses cartes a par ailleurs une vertu que l’importation fait disparaître : formuler la question oblige à comprendre la notion. Le bon compromis consiste à créer peu de cartes, très ciblées, à partir de vos erreurs de QCM et des points que votre cours martèle. Un deck court et personnel bat presque toujours un deck géant importé.

Si vous ouvrez malgré tout un paquet partagé, traitez-le comme un brouillon plutôt que comme un programme : ne gardez que les cartes qui recoupent votre polycopié, supprimez le reste sans état d’âme, et reformulez ce que vous conservez. Le temps passé à trier est du temps de révision, pas du temps perdu.

Installation et premiers pas

Commencez par télécharger l’application depuis le site officiel : apps.ankiweb.net.

Attention pour les utilisateurs d’iPhone et d’iPad : l’application officielle AnkiMobile est payante (environ 25 €). C’est le choix des développeurs pour financer l’infrastructure. Vous disposez de plusieurs options : utiliser la version web gratuite (correcte pour tester, mais limitée), récupérer un ancien téléphone Android (l’application y est gratuite) ou acheter l’application (au vu du service rendu, cela se défend).

Méfiez-vous des copies : il existe des applications qui n’ont rien à voir avec le véritable Anki. Ces imitations contiennent des publicités, proposent des achats intégrés, risquent de faire perdre vos données (cela s’est déjà produit) et ne font pas partie de l’écosystème Anki. La règle d’or : toujours télécharger depuis le site officiel. Certains utilisateurs apprécient ces alternatives, mais nous vous invitons à rester vigilants, car jouer sur la confusion en dit long sur l’état d’esprit de ceux qui gèrent ces applications.

Pour la prise en main de l’interface, une vidéo pédagogique en français sera sans doute plus parlante qu’un article de blog. Revenez ensuite ici : la section suivante détaille les réglages à vérifier avant de créer votre première carte, et c’est là que se joue la différence entre un Anki qui vous aide et un Anki qui vous submerge.

Les réglages à vérifier dès l’installation

Anki fonctionne correctement avec ses réglages d’origine, et c’est une bonne nouvelle : l’essentiel consiste à vérifier quatre points, pas à tout reconfigurer. Ce sont ces quatre points qui déterminent votre charge de travail des mois à venir. Les deux premiers — l’algorithme et le plafond de nouvelles cartes — se règlent dans les options du paquet. Les deux autres se jouent ailleurs : l’organisation de vos paquets passe par leur nom, et le type de carte se choisit au moment de la création.

Vérifiez que FSRS est activé. Cet algorithme planifie les reprises plus finement que l’ancien et demande généralement moins de travail pour une rétention équivalente. Une précision utile, car l’erreur circule beaucoup : le taux de rétention souhaité est déjà fixé à 0,90 par défaut, et c’est la valeur à conserver. Concrètement, l’algorithme vise à ce que vous ayez environ neuf chances sur dix de vous souvenir d’une carte au moment où il vous la repropose. Le piège consiste à monter ce seuil à 0,95 en croyant mieux faire : la documentation officielle d’Anki indique qu’au-delà de 90 % la charge de travail augmente très vite, pour un gain de mémorisation limité. Le meilleur réglage est donc celui que vous ne touchez pas.

Plafonnez le nombre de nouvelles cartes par jour. C’est celui des quatre qui pèse le plus lourd, car chaque carte introduite aujourd’hui vous engage sur des dizaines de reprises futures. La documentation d’Anki met d’ailleurs en garde contre l’enthousiasme des premiers jours, où l’on avale des centaines de cartes neuves avant de se retrouver submergé par les révisions. Choisissez un plafond que vous tiendriez même pendant une semaine chargée, et non un plafond calibré sur une semaine idéale.

Organisez vos paquets en arborescence : c’est très pratique pour s’y retrouver. Vous pouvez créer une hiérarchie, par exemple PASS, puis Anatomie (avec Membre supérieur et Membre inférieur), Physiologie ou Biochimie. La méthode qui fonctionne sur tous les appareils consiste à renommer le paquet en utilisant « :: » comme séparateur, par exemple « PASS::Anatomie::Membre supérieur ». Si cette ergonomie vous paraît douteuse, vous avez raison, mais c’est ainsi que fonctionne Anki.

Choisissez votre type de carte en connaissance de cause. Les cartes de type question/réponse ne sont qu’un modèle parmi d’autres : il existe aussi les cartes à trous. Les avis divergent sur leur efficacité. Les cartes à trous sont plus rapides à créer (des raccourcis clavier existent) mais entraînent un apprentissage plus superficiel. Notre avis : si vous disposez d’un bon générateur de flashcards ou que vous tapez très vite, privilégiez le format question/réponse.

Un dernier levier existe, mais gardez-le en réserve : si le retard s’accumule vraiment, le taux de rétention souhaité peut descendre à 0,85 le temps de résorber la file. Nous y revenons plus bas.

Ce qui change vraiment au quotidien

Les réglages posés, restent les habitudes d’usage. Ce sont elles qui font la différence sur un semestre entier, et c’est là que beaucoup d’étudiants perdent du temps sans s’en apercevoir.

Exploitez les temps morts : c’est la fonctionnalité phare d’Anki sur téléphone. Vous pouvez réviser dans le métro, en attendant le début d’un cours ou avant de dormir. En dix minutes, vous pouvez facilement parcourir cent flashcards. Bien utilisés, ces moments perdus font une réelle différence.

Synchronisez toujours : si vous utilisez à la fois votre téléphone et votre ordinateur, cliquez sur le bouton de synchronisation au début et à la fin de chaque session. Sinon, vous risquez un conflit de synchronisation, où il faut choisir entre la progression du téléphone et celle de l’ordinateur. En cas de perte de progression, pas de panique : sur ordinateur et sur Android, Anki conserve des sauvegardes automatiques datées de votre progression, ce qui a déjà sauvé de nombreux étudiants.

Pour l’anatomie, misez sur les schémas à remplir : collez une image anatomique et masquez les légendes. Anki créera autant de cartes que de légendes masquées.

Faut-il partager ses paquets ? Cela fonctionne bien si le groupe est très aligné sur le style des cartes, le rythme de création et le niveau de détail. Certains groupes ayant débuté ensemble sont revenus au travail en solo, faute d’un rythme adapté à chacun.

Anki et la méthode des J sont-ils compatibles ? Si vous créez peu de flashcards (une vingtaine ou une trentaine par cours), vous pouvez suivre la méthode des J et sortir Anki à ce moment-là. En revanche, si vous êtes un « flashcard maximaliste », laissez plutôt Anki optimiser vos révisions.

Combien de cartes pouvez-vous réellement tenir ?

Il n’existe pas de nombre idéal, car tout dépend de votre stratégie globale d’apprentissage. En revanche, si vous décidez de devenir ce que nous appelons un « flashcard maximaliste » (quelqu’un qui apprend principalement de cette façon, quitte à réduire le nombre de QCM dans l’année), nous pouvons recommander de viser entre 4 000 et 9 000 cartes par semestre. Au-delà, le rythme devient presque insoutenable. Cet ordre de grandeur reste indicatif : ce qui compte est le nombre de reprises quotidiennes que vous arrivez à absorber, pas le total affiché par le compteur.

Nous avons vu un étudiant aller jusqu’à 37 000 cartes et finalement échouer à son année. Il nous a demandé de partager son expérience en guise de mise en garde pour ceux que le perfectionnisme tente.

À quoi ressemble une carte qui fonctionne

En médecine, une bonne flashcard repose sur une question précise, une réponse précise et l’absence de longs paragraphes.

Par exemple, « Quelle est la dose maximale de paracétamol par jour ? » appelle la réponse « 3 g ». À l’inverse, une carte du type « Parle-moi du paracétamol » suivie de trois paragraphes de texte est à éviter.

Quand créer ses flashcards ?

Deux conditions sont à réunir avant de flashcarder : maîtriser globalement le cours (être capable de l’expliquer sans trop de difficulté) et avoir fait des QCM des années précédentes (pour savoir ce qui tombe). Une fois ces conditions remplies, la création de cartes ira très vite, car vous saurez exactement quoi cibler.

Cette position peut être relativisée : nous avons vu trois majors de première année réussir en flashcardant dès le jour zéro. Honnêtement, cela reste une stratégie risquée.

Vos cartes dues s’accumulent : est-ce grave ?

Bonne nouvelle : ce n’est pas grave du tout. Réviser après un intervalle plus long a un effet très positif : c’est ce qu’on appelle la « difficulté désirable » en sciences cognitives. Plus vous attendez, dans la limite du raisonnable, plus le souvenir se renforce.

En cas de retard vraiment important, c’est ici que le taux de rétention souhaité devient un levier : baissez-le à 0,85 par exemple, activez l’option qui privilégie les cartes les plus fragiles, puis poursuivez tranquillement. Remontez-le à 0,90 une fois la file résorbée.

Faire générer ses cartes par une IA : ce que cela coûte

Vous constaterez vite que la création de cartes prend un certain temps. Il est donc tentant d’utiliser des applications ou des outils comme ChatGPT pour cela. En général, nous mettons en garde contre cette pratique : les cartes ne sont pas toujours de bonne qualité et ne ciblent pas nécessairement ce qui est important pour vous. Rappelez-vous surtout que le travail de formulation est une partie de l’apprentissage, et que le déléguer revient à en supprimer le bénéfice.

Si vous utilisez tout de même un générateur, gardez la main sur la sélection : ne laissez entrer dans votre paquet que les cartes que vous auriez écrites vous-même, et reformulez celles qui restent approximatives. Le tri prend du temps, mais il vous évite d’apprendre par cœur les approximations d’un modèle. Il reste un usage nettement moins risqué : demander à une IA de vous reformuler une notion que vous n’avez pas comprise, puis écrire la carte vous-même.

Derniers conseils et conclusion

Placez vos erreurs de QCM dans Anki : c’est une véritable mine d’or pour les révisions. Si vous préférez d’abord les rassembler sur papier avant d’en faire des cartes, notre carnet d’erreurs QCM (PDF) est un simple journal à imprimer, gratuit et sans adresse mail à laisser. Précisons-le pour éviter toute confusion : il s’agit d’un document papier, pas d’un paquet Anki, et il ne peut pas être importé dans le logiciel.

Utilisez par ailleurs les paquets filtrés pour les révisions de dernière minute, et ne renoncez pas si l’interface vous rebute au départ.

Anki est un outil puissant qui demande un peu de pratique. Une fois le principe compris et votre rythme trouvé, il change véritablement la donne pour vos études. Bon courage : vous allez y arriver.

Pour aller plus loin

Pour compléter votre préparation, poursuivez avec nos guides : méthode des J, méthodes de révision, organisation de travail, le guide des QCM en PASS et LAS et nos formules.

Et si vous voulez le carnet d’erreurs sous la main avec nos deux autres documents à imprimer, ils sont regroupés sur la page téléchargements gratuits PASS-LAS.

Et pour les données officielles de votre année, appuyez-vous sur Parcoursup.

Questions fréquentes

Anki est-il gratuit pour les étudiants en médecine ?
Anki est gratuit sur ordinateur (Windows, Mac, Linux) et sur Android via l’application AnkiDroid, ainsi qu’en version web. Seule l’application iOS officielle, AnkiMobile, est payante - de l’ordre de 25 € en achat unique - car elle sert à financer le développement du logiciel. Autrement dit, tu peux utiliser Anki sérieusement sans dépenser un euro, sauf si tu tiens à réviser sur iPhone avec l’application native.
Quels réglages Anki changer pour le PASS ?
Quatre points suffisent. Dans les options du paquet, vérifie que FSRS est activé et laisse le taux de rétention souhaité sur sa valeur par défaut de 0,90 : le monter à 0,95 alourdit beaucoup les révisions pour un gain de mémorisation limité, comme l’indique la documentation officielle d’Anki. Toujours dans ces options, plafonne les nouvelles cartes par jour à un niveau que tu tiendrais même pendant une semaine chargée, car chaque carte ajoutée t’engage sur des dizaines de reprises futures. Les deux derniers points sont ailleurs : organise tes paquets en arborescence, ce qui se fait en renommant le paquet avec « :: » comme séparateur, et choisis ton type de carte (question/réponse ou texte à trous) au moment de la création. Et garde 0,85 en réserve : c’est le réglage à sortir uniquement pour résorber un gros retard.
Combien de cartes Anki faut-il faire par jour en PASS ?
Il n’existe aucun chiffre magique, et c’est un piège d’en chercher un. Le repère utile n’est pas le nombre de cartes créées mais le nombre de reprises que tu absorbes réellement dans une journée ordinaire : entre 4 000 et 9 000 cartes sur un semestre, c’est déjà un rythme très soutenu. Le volume ne prédit pas le classement - nous avons vu un étudiant monter à 37 000 cartes et échouer à son année. Si tes cartes dues s’accumulent, réduis le périmètre au lieu d’abandonner l’outil.
Faut-il créer ses cartes ou télécharger des decks tout faits ?
Crée les tiennes, en petit nombre. Le concours est local : un deck partagé fabriqué pour une autre faculté te fera mémoriser des détails hors programme en ratant les insistances de tes propres professeurs. Formuler la question toi-même fait par ailleurs déjà une partie du travail de compréhension. Si tu importes quand même un paquet, ne garde que les cartes qui recoupent ton polycopié et reformule-les. Nous détaillons ce point plus haut dans l’article.
Anki suffit-il pour réussir le PASS ?
Non, et il ne le prétend pas : Anki entretient ta mémoire, mais il ne remplace ni la compréhension initiale des cours, ni l’entraînement aux QCM de ta faculté, ni un planning qui fait tourner toutes les matières. Les épreuves testent ta capacité à répondre vite à des questions pièges dans le format local - ce qui se travaille sur les annales. Considère Anki comme un module de mémorisation au sein d’une méthode complète, pas comme la méthode elle-même.