Anki fonctionne correctement avec ses réglages d’origine, et c’est une bonne nouvelle : l’essentiel consiste à vérifier quatre points, pas à tout reconfigurer. Ce sont ces quatre points qui déterminent votre charge de travail des mois à venir. Les deux premiers — l’algorithme et le plafond de nouvelles cartes — se règlent dans les options du paquet. Les deux autres se jouent ailleurs : l’organisation de vos paquets passe par leur nom, et le type de carte se choisit au moment de la création.
Vérifiez que FSRS est activé. Cet algorithme planifie les reprises plus finement que l’ancien et demande généralement moins de travail pour une rétention équivalente. Une précision utile, car l’erreur circule beaucoup : le taux de rétention souhaité est déjà fixé à 0,90 par défaut, et c’est la valeur à conserver. Concrètement, l’algorithme vise à ce que vous ayez environ neuf chances sur dix de vous souvenir d’une carte au moment où il vous la repropose. Le piège consiste à monter ce seuil à 0,95 en croyant mieux faire : la documentation officielle d’Anki indique qu’au-delà de 90 % la charge de travail augmente très vite, pour un gain de mémorisation limité. Le meilleur réglage est donc celui que vous ne touchez pas.
Plafonnez le nombre de nouvelles cartes par jour. C’est celui des quatre qui pèse le plus lourd, car chaque carte introduite aujourd’hui vous engage sur des dizaines de reprises futures. La documentation d’Anki met d’ailleurs en garde contre l’enthousiasme des premiers jours, où l’on avale des centaines de cartes neuves avant de se retrouver submergé par les révisions. Choisissez un plafond que vous tiendriez même pendant une semaine chargée, et non un plafond calibré sur une semaine idéale.
Organisez vos paquets en arborescence : c’est très pratique pour s’y retrouver. Vous pouvez créer une hiérarchie, par exemple PASS, puis Anatomie (avec Membre supérieur et Membre inférieur), Physiologie ou Biochimie. La méthode qui fonctionne sur tous les appareils consiste à renommer le paquet en utilisant « :: » comme séparateur, par exemple « PASS::Anatomie::Membre supérieur ». Si cette ergonomie vous paraît douteuse, vous avez raison, mais c’est ainsi que fonctionne Anki.
Choisissez votre type de carte en connaissance de cause. Les cartes de type question/réponse ne sont qu’un modèle parmi d’autres : il existe aussi les cartes à trous. Les avis divergent sur leur efficacité. Les cartes à trous sont plus rapides à créer (des raccourcis clavier existent) mais entraînent un apprentissage plus superficiel. Notre avis : si vous disposez d’un bon générateur de flashcards ou que vous tapez très vite, privilégiez le format question/réponse.
Un dernier levier existe, mais gardez-le en réserve : si le retard s’accumule vraiment, le taux de rétention souhaité peut descendre à 0,85 le temps de résorber la file. Nous y revenons plus bas.