Saviez-vous que le mot « maïeutique » provient du grec « maieutikos », que l’on pourrait traduire par « celui qui sait accoucher » ? Le terme sage-femme symbolise la sagesse sur la femme, et il désigne aujourd’hui les praticiens, hommes et femmes, qui assurent un suivi gynécologique : grossesse, accouchement, IVG, post-partum… Bien plus que des experts médicaux, ils remplissent également une mission de soutien auprès de leurs patientes.
Métier de sage-femme : au plus près des besoins des femmes
En quoi consiste le métier de sage-femme ?
Réglementé par le Code de la santé publique et le Code de déontologie, le métier de sage-femme requiert la maîtrise d’un certain nombre de compétences médicales et psychologiques, afin d’accompagner les femmes tout au long de leur vie.
Spécialiste des grossesses dites « normales », c’est-à-dire sans risque pour la mère et/ou l’enfant, ce professionnel médical doit être en mesure d’aider à l’accouchement, de prodiguer des soins aux nouveau-nés et de conseiller les femmes enceintes. Capable de pratiquer l’épisiotomie, la réanimation néonatale ou l’intubation, la sage-femme supervise également le suivi tout au long de la grossesse, notamment via les échographies, le monitoring et l’animation de séances de préparation à la naissance.
Expert de la physiologie de la femme, ce spécialiste est amené à assurer le suivi gynécologique de ses patientes : contraception, IVG médicamenteuse, traitement de la ménopause, contrôle et vaccination… Cette profession aux lourdes responsabilités constitue aussi un repère pour de nombreuses femmes. En prodiguant des conseils et en rassurant les futures mères avec bienveillance et attention, selon l’expérience et les éventuelles difficultés de chacune, la sage-femme tient un rôle relationnel important.
Un métier en pleine mutation
Aujourd’hui, seuls 2,6 % des sages-femmes et maïeuticiens sont des hommes. C’est peu, mais davantage qu’il y a quelques années, lorsque le métier était exclusivement réservé aux femmes. Dans le même temps, on note une évolution de la pratique avec une diversification des activités et des responsabilités de plus en plus affirmées : les sages-femmes et maïeuticiens gagnent principalement en autonomie en créant des cabinets médicaux. Ainsi, près de 28 % exercent en cabinet libéral, 15 % dans le secteur privé et 5 % dans les services de protection maternelle et infantile. Les 52 % restants travaillent dans la fonction publique hospitalière.
Grâce à l’élargissement des compétences depuis 2016, notamment en matière de suivi gynécologique, le métier de sage-femme est de plus en plus reconnu auprès des patientes, offrant de nouvelles opportunités ainsi qu’une meilleure reconnaissance de la part des professionnels de santé.
Quelles études pour devenir sage-femme ?
Les études de maïeutique figurent parmi les études de santé les plus courtes. Six années suffisent pour décrocher un diplôme d’État (DE) de sage-femme. Cependant, avant de pouvoir intégrer l’une des 35 grandes écoles de sages-femmes en France, il faut suivre une première année universitaire sélective. Explications.
Une année à l’université pour accéder aux études de santé
Depuis 2020 et l’application de la réforme des études de santé, la Paces et le numerus clausus sont supprimés. Désormais, deux parcours permettent d’accéder aux études de santé, et notamment à la filière maïeutique. Vous pouvez suivre à l’université le PASS (parcours d’accès spécifique santé), qui se concentre sur les matières médicales (sciences fondamentales et sciences humaines et sociales) avec une mineure dans une autre discipline ; ou une L.AS (licence avec option accès santé), composée d’enseignements correspondant à la discipline choisie (Lettres, Droit, Biologie…) et d’une mineure santé.
Ces deux parcours alternatifs vous permettent de candidater aux filières médicales à condition d’avoir validé cette première année universitaire. Attention, les notes obtenues déterminent votre admission, ou non, en deuxième année, et donc la possibilité de poursuivre vos études. Il est donc recommandé de choisir sur Parcoursup un parcours en adéquation avec vos points forts.
5 années de maïeutique divisées en 3 cycles
Afin d’alléger les volumes horaires des études de sage-femme, la durée du cursus a été modifiée : finies les 5 années d’études jusqu’alors obligatoires, place à une 6ᵉ année qui permet de mieux adapter les programmes aux besoins de la profession. Ainsi, les 35 écoles de sages-femmes françaises proposent désormais un système d’enseignement en trois temps.
D’une durée de 2 ans, le premier cycle permet d’obtenir le Diplôme de Formation Générale en Sciences Maïeutiques (DFGSMa). Il alterne cours théoriques et cours pratiques, avec quelques enseignements cliniques ; l’objectif étant d’acquérir des compétences et connaissances en anatomie, gynécologie, obstétrique, pédiatrie, pharmacologie et santé publique.
D’une durée de 2 ans, le deuxième cycle reste fondé sur le principe de concilier enseignements théoriques et pratiques, même s’il fait la part belle aux stages et à l’autonomie des étudiants, avec une partie « individualisée » et des modules relatifs à la contraception, à l’échographie ou encore à l’Aide Médicale à la Procréation (AMP).
D’une durée d’un an, le troisième cycle vise à obtenir le Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Maïeutiques (DFASMa). Ce dernier est délivré à l’issue de la présentation d’un mémoire de fin d’études.
De l’importance des stages pour devenir sage-femme
Au fil du parcours de formation, les périodes de stages s’intensifient. De stages courts consacrés au suivi de la grossesse, au suivi de l’accouchement, au suivi post-natal et au suivi gynécologique durant le premier cycle, on passe à des stages plus longs (6 mois en fin d’études) pour aborder des thématiques plus techniques : surveillance de grossesses à haut risque, pratique d’un accouchement eutocique, accueil et suivi d’un nouveau-né, IVG, suivi gynécologique de prévention…
L’objectif de ces stages ? Mieux se projeter dans la profession, acquérir des compétences pointues, mais aussi apprendre à interagir de manière bienveillante avec les patientes. C’est un moyen d’appréhender la particularité de la relation humaine qui se noue pendant la grossesse et l’accouchement, tout en développant dans le même temps une certaine confiance en soi.
Les perspectives d’évolution d’une sage-femme
Diversité des lieux d’exercice, possibilité de se spécialiser ou de passer du secteur privé au public, et inversement… Le métier de sage-femme offre de belles perspectives professionnelles.
Un élargissement des compétences
Une fois diplômé en tant que sage-femme, vous pouvez compléter vos connaissances et compétences en préparant un ou plusieurs DU (Diplômes Universitaires) ou DIU (Diplômes Inter-Universitaires) : tabacologie, acupuncture, addictologie, sexologie, hypnose médicale, ostéopathie… Ces certifications permettent d’élargir vos missions et de faire évoluer votre carrière. Il est aussi possible de passer des concours ou de gagner en responsabilités pour devenir manager ou directrice d’un centre de PMI ou d’une maison maternelle.
À noter que si vous souhaitez vous orienter vers la recherche, vous devrez effectuer 5 années d’études supplémentaires dans une autre discipline, car le doctorat en sciences maïeutiques n’existe pas.
Une multitude de possibilités pour exercer son métier
Travailler au sein d’un hôpital, dans une maison médicale, en PMI, ou créer votre cabinet libéral… Selon vos aspirations, vos affinités et vos convictions, vous pouvez aussi vous engager dans des missions humanitaires ou accompagner les femmes en situation de précarité.
En somme, vous avez l’embarras du choix pour mettre à profit vos compétences et exercer dans le public, le privé ou en tant qu’indépendant. Pour information, depuis 2016 et l’élargissement des compétences, le secteur de la maïeutique connaît des changements importants dans sa pratique : on estime que 70 % des sages-femmes et maïeuticiens devraient exercer en libéral ou en mixte à l’horizon 2050.
Formidable métier où l’aspect humain, psychologique et social est central, sage-femme est une profession indispensable qui va bien au-delà de la mise au monde. Dès le lycée, il est possible d’acquérir les bons réflexes et les connaissances nécessaires pour se lancer dans des études de médecine.
Pour aller plus loin
Pour compléter votre préparation, poursuivez avec nos guides : PASS ou LAS : quelle voie choisir, MMOPK : les filières des études de santé, métiers et débouchés en médecine, métiers médicaux pour travailler auprès des enfants, les chiffres clés de Parcoursup et des études de santé et les études de santé les plus courtes.
Et pour les données officielles de votre année, appuyez-vous sur Code de la santé publique, service public, Onisep et DREES.
