En France, au début des études de santé, il existe cinq grandes filières après la première année commune PASS/LAS, chacune assortie de débouchés spécifiques. Désignées par l’acronyme MMOPK, ces filières conduisent vers des métiers qui leur sont propres.
Les filières médicales et leurs débouchés
La filière Maïeutique
Il s’agit de la filière consacrée aux sages-femmes. Ce cursus ne délivre pas un diplôme universitaire, mais un diplôme d’État. Ce dernier se distingue des autres diplômes, universitaires ou nationaux, car il autorise l’exercice dans une filière réglementée.
La filière maïeutique se déroule en deux étapes. La première se compose de trois années de formation générale en sciences maïeutiques, correspondant à un grade de licence. La seconde comprend deux années de formation approfondie, sanctionnées par un diplôme de grade master. En raison de ces particularités, les sages-femmes ne peuvent pas opérer, contrairement aux gynécologues obstétriciens.
Les sages-femmes assurent le suivi médical de la femme enceinte, du début de la grossesse jusqu’à un mois après l’accouchement. Le ou la sage-femme peut pratiquer des accouchements en totale autonomie, mais aussi réaliser des consultations gynécologiques préventives, gérer une contraception ou encore vacciner.
Il est possible de compléter cette formation initiale par un ou plusieurs diplômes universitaires ou interuniversitaires. Ces derniers permettent d’exercer ultérieurement dans des domaines plus spécifiques, tels que la tabacologie, l’addictologie ou la sexologie. La durée dépend également de la spécialité. Ces spécialisations permettent aux sages-femmes d’élargir leur champ de compétences et de réaliser d’autres actes médicaux. D’autres masters sont par ailleurs envisageables, certains menant jusqu’à la recherche. Un tel cursus exigera toutefois de passer par des études parallèles ou complémentaires dans une autre discipline, car il n’existe pas de doctorat à proprement parler en maïeutique.
En matière de débouchés, les sages-femmes peuvent exercer à l’hôpital, en libéral, en centre maternel et, si elles ont réalisé un doctorat, devenir enseignante ou enseignante chercheuse. Ce métier offre donc de nombreuses possibilités.
La filière pharmacie
Cette filière délivre le diplôme d’État de docteur en pharmacie. À l’origine, le parcours dure six ans et permet d’intégrer, au choix, l’officine, libérale ou publique, ou l’industrie. Pour se spécialiser, il faut poursuivre pendant quatre ans avec l’internat au CHU.
Une fois diplômé, le docteur en pharmacie a le choix entre de nombreux secteurs et métiers. Le pharmacien d’officine, le plus connu car présent au quotidien, permet également de porter un projet entrepreneurial. Le pharmacien de la distribution, plus discret, est chargé de garantir la disponibilité et l’acheminement des médicaments sur le territoire. Le pharmacien dans l’industrie pharmaceutique intervient dans la conception des médicaments, avec des métiers très nombreux puisque les pharmaciens sont présents à chaque étape de la conception.
Le pharmacien hospitalier, présent au sein d’un hôpital ou d’autres structures publiques, est impliqué au quotidien dans la vie des patients ainsi que dans la recherche. Une large palette de métiers lui est ouverte, dont certains accessibles uniquement via un second concours. Enfin, le pharmacien biologiste médical, spécialisé dans l’analyse médicale, peut exercer au sein d’une structure, mais aussi développer son propre laboratoire.
La filière odontologie
Le cursus d’odontologie ouvre la voie au métier de dentiste ou de chirurgien-dentiste. Ces études durent six années au minimum et peuvent s’étendre jusqu’à neuf ans. Les étudiants qui décident de se spécialiser réalisent trois années d’études supplémentaires afin de s’orienter vers une carrière de chirurgien-dentiste. Ces cursus ont remplacé l’ancienne spécialisation en stomatologie en médecine.
C’est lors de la cinquième année d’études que la spécialisation devient possible, en optant pour un troisième cycle, long ou court. Si vous choisissez de ne pas vous spécialiser, vous deviendrez omnipraticien. Dans le cas d’une spécialisation, vous devrez au contraire passer par l’internat et choisir l’une des trois spécialités suivantes : orthodontie, chirurgie orale ou médecine bucco-dentaire.
Une fois diplômé, dans 90 % des cas, l’exercice de la profession se déroule en libéral. Il est également possible d’exercer au sein d’un hôpital ou de se lancer dans une carrière universitaire.
La filière Kinésithérapie
La filière de kinésithérapie mène au métier de kinésithérapeute. Elle nécessite un diplôme de niveau bac+5. Pour y accéder, il faut passer par l’année commune aux études de médecine, PASS ou LAS, ou, comme c’est le cas dans plusieurs villes, par certaines licences telles que STAPS ou STS. À l’issue de cette année, l’étudiant intègre un Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie (IFMK) pour quatre ans, au terme desquels il obtient le diplôme d’État permettant d’exercer.
Pour accéder à un IFMK, il convient de bien vérifier que la licence à laquelle vous postulez ouvre l’accès à cette filière. En effet, de nombreuses facultés et licences STAPS et STS ne proposent pas d’accès spécifique à la kinésithérapie. Lorsque cet accès est possible, il est précisé et indiqué au préalable. Il faut donc veiller à consulter attentivement la fiche de présentation des licences sur Parcoursup.
Dans le cas des licences STAPS et STS, le passage ultérieur en études de santé en deuxième année s’effectue via une passerelle. Lors de l’inscription en licence, il faut formuler la demande d’inscription au concours de kinésithérapie. Cela suppose également de passer un examen supplémentaire.
Une fois diplômé, le kinésithérapeute peut exercer en libéral ainsi qu’en tant que salarié dans des structures privées ou publiques.
La filière médecine
C’est celle qui mène au métier de médecin généraliste ou spécialiste. Elle permet d’obtenir un diplôme d’Études Spécialisées (DES), qui confère le statut de docteur en médecine. Celui-ci autorise son détenteur à exercer en cabinet libéral, à l’hôpital ou à l’université.
En vous engageant dans cette filière, vous accomplirez une dizaine d’années d’études, neuf années au minimum, au sein d’une faculté. Si vous souhaitez vous spécialiser, la durée s’allongera encore, aux alentours de douze ans, avec des variations selon la spécialité retenue. Les années supérieures sont toutefois partiellement rémunérées et se déroulent majoritairement au chevet du patient ou à l’hôpital.
Métiers en médecine : une filière aux nombreuses possibilités
Vous l’aurez compris, la médecine constitue une vaste filière qui regroupe plusieurs métiers. Les possibilités de spécialisation et les modalités d’exercice y sont nombreuses.
En résumé, vous aurez la possibilité d’exercer dans des structures publiques ou privées de soins, telles qu’un cabinet libéral, une clinique, un CHU ou une maison de santé, ainsi que dans la recherche, au sein de laboratoires et de centres de recherche. L’enseignement offre également des perspectives : à l’université ou en école de médecine, les médecins dotés de ce statut exercent à l’université et dans un hôpital universitaire à titre permanent.
D’autres voies existent dans le domaine de la santé publique : la médecine légale, pour exercer dans les tribunaux et les cabinets d’expertise médicale, la médecine du travail, la médecine militaire, ou encore la médecine humanitaire, au sein d’organisations internationales de santé, d’agences de santé publiques ou de dispensaires.
Études de médecine : quand et comment se passe le choix de sa spécialité ?
Les spécialisations interviennent en sixième année, lors du grand concours de l’internat. L’attribution de votre spécialité dépendra de vos résultats à ce concours et de vos aspirations. Tous les étudiants n’accéderont pas à leur premier choix de spécialité, que ce soit en raison de leur classement ou du nombre limité de places pour chaque spécialité médicale.
Au cours de vos études, des simulations sont réalisées chaque année entre l’annonce des résultats et les affectations définitives, afin que chacun puisse hiérarchiser ses options en connaissance de cause.
Il existe 44 spécialités médicales, réparties en trois catégories : médicale, chirurgicale et biologique. Voici quelques exemples de spécialisations : anatomie et cytopathologie, anesthésie et réanimation, biologie médicale, dermatologie et vénéréologie, endocrinologie, diabétologie et nutrition, génétique médicale, gériatrie, gynécologie médicale, hématologie, hépato-gastro-entérologie, chirurgie infantile, chirurgie maxillo-faciale, chirurgie orthopédique et traumatologique, chirurgie thoracique et cardiovasculaire, biologie générale, hématologie et immunologie.
5 conseils pour choisir sa spécialisation
Évaluez votre intérêt et vos compétences en fonction de vos affinités, afin de choisir la spécialité qui vous correspond, qu’elle soit plus technique ou davantage centrée sur la relation au patient, la recherche ou la prévention.
Réalisez des stages, car ils permettent de se faire une idée de l’ambiance de travail, des compétences requises et des tâches quotidiennes propres à la spécialité. Rencontrez également des professionnels pour recueillir des conseils et des informations.
Soyez curieux et lisez des revues médicales, des ouvrages et d’autres ressources. Enfin, prenez le temps de la réflexion et ne vous précipitez pas dans le choix de votre spécialisation.
Les études de santé offrent de nombreuses opportunités professionnelles. La médecine est cependant en constante évolution, et un médecin apprend et se forme tout au long de sa vie. Vous pouvez donc emprunter une certaine direction grâce à votre spécialisation, puis enrichir ou modifier cette orientation via vos compétences ou d’autres formations.
Pour aller plus loin
À la date du 03/07/2026, la réforme de la première année de santé (voie unique annoncée le 17 avril 2026 pour la rentrée 2027) n'a fait l'objet d'aucun décret publié au Journal officiel. Les doyens de médecine demandent un report à 2028. Nous mettons cette page à jour à chaque évolution officielle.
Pour compléter votre préparation, poursuivez avec nos guides : panorama des filières MMOPK, comment devenir médecin, métiers de médecine les mieux payés et la réforme 2027 et la fin du PASS-LAS.
Et pour les données officielles de votre année, appuyez-vous sur Parcoursup, ONISEP, ONISEP et réforme prévue pour 2027.
