Actualités

Fin du numerus apertus : ce qu’il faut savoir

Numerus clausus, numerus apertus, réforme 2027 : on démêle les termes et on te dit ce que ça change concrètement.

Amphithéâtre d’université en France avec des étudiants de dos suivant un cours, illustrant les places en études de santé

Mis à jour le 3 juillet 2026

Numerus apertus : qui décide vraiment du nombre de places en médecine

Dès qu’on parle du nombre de places en médecine, les rumeurs et les chiffres flous se multiplient. Tu as sûrement entendu parler de la « fin du numerus apertus » sans trop savoir ce que cela recouvre. Ce sujet mérite d’être clarifié, sans marketing ni approximation.

Dans cet article, on t’explique ce qu’est le numerus apertus, en quoi il diffère de l’ancien numerus clausus, et qui fixe réellement les places aujourd’hui. On distingue aussi ce débat de la réforme de 2027, souvent confondue avec lui. Chaque affirmation réglementaire renvoie à sa source officielle.

Numerus clausus, numerus apertus : ce qui a changé

Pendant des décennies, l’accès à la deuxième année de médecine était limité par un numerus clausus : un nombre de places fixé de façon rigide. Ce système a été supprimé par la loi du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé, au profit d’un numerus apertus.

Le changement n’est pas qu’une question de vocabulaire. Le numerus apertus repose sur une logique différente : les capacités d’accueil sont désormais fixées par les universités, en concertation avec les agences régionales de santé, sur la base d’objectifs pluriannuels de professionnels à former. L’idée est d’adapter le nombre de places aux besoins des territoires.

Retiens surtout ceci : on est passé d’un nombre imposé d’en haut à un nombre construit localement, selon des besoins de santé. Cette nuance est capitale pour comprendre pourquoi il n’existe pas un « nombre magique » de places valable partout en France.

Le mot « apertus » lui-même dit quelque chose. Là où « clausus » évoquait une porte fermée à un nombre fixe, « apertus » renvoie à une logique plus ouverte et modulable. Ce n’est pas pour autant une porte grande ouverte : les capacités restent encadrées et pilotées. Le glissement de vocabulaire traduit un changement de philosophie, pas une suppression de toute limite.

Qui fixe réellement le nombre de places aujourd’hui

Concrètement, les capacités d’admission en deuxième et troisième année sont fixées par chaque université, sur avis favorable de l’agence régionale de santé et après consultation des instances compétentes, en fonction d’objectifs nationaux pluriannuels arrêtés par l’État, comme l’explique le ministère de l’Enseignement supérieur.

Ces objectifs nationaux ne sortent pas de nulle part. Un arrêté du 13 septembre 2021 a par exemple fixé l’objectif pluriannuel de professionnels de médecine à former pour la période 2021-2025. Le nombre de places s’inscrit donc dans une planification, pas dans une décision arbitraire annuelle.

La conséquence est directe pour toi : aucune prépa ne « débloque » de places, et personne ne peut te promettre un quota précis. C’est un point où les discours commerciaux dérapent souvent. Le nombre de places dépend de ta faculté et des besoins de ton territoire, pas de qui t’accompagne. Notre article sur les chiffres clés Parcoursup et santé applique cette même exigence de sources honnêtes.

Cette réalité déconstruit aussi un autre mythe tenace : celui de la faculté « où il y aurait plus de places, donc plus facile ». Comme les capacités varient selon les besoins de chaque territoire, comparer des chiffres bruts d’une fac à l’autre n’a pas grand sens sans contexte. Notre article sur la prétendue faculté de médecine la plus facile montre pourquoi ce raisonnement induit en erreur.

Le bon réflexe, face à un chiffre de places, est de se demander d’où il vient. Une donnée fiable est datée, rattachée à une université ou à un arrêté, et vérifiable. Un chiffre lancé sans source, surtout s’il sert à te vendre quelque chose, mérite ta méfiance. Cette hygiène de lecture t’évitera bien des décisions fondées sur du vent.

Où en est le débat sur la fin du numerus apertus

Le sujet revient dans l’actualité parce que le Parlement s’en est saisi. Une proposition de loi visant à améliorer l’accès aux soins a été examinée en 2025 et aborde notamment la suppression du numerus apertus, comme le documente le dossier législatif du Sénat.

Il faut ici distinguer clairement ce qui est voté de ce qui reste au stade de projet. Un texte en discussion parlementaire n’a pas la même portée qu’une loi promulguée. Tant qu’un dispositif n’est pas adopté et publié, il ne modifie pas les règles applicables aujourd’hui. Se méfier des raccourcis « c’est déjà décidé » fait partie d’une lecture honnête.

Une chose est sûre : la fin annoncée du numerus apertus ne signifie pas mécaniquement « plus de places pour tout le monde ». Ce serait une conclusion hâtive. Le nombre de professionnels formés reste piloté par des objectifs de santé publique, quel que soit le nom du dispositif.

Pourquoi ce débat existe-t-il alors ? Parce que le numerus apertus a déçu certaines attentes. Beaucoup espéraient une hausse rapide et massive du nombre de médecins formés ; la réalité s’est révélée plus progressive, contrainte par les capacités d’encadrement et de stage des facultés. Le débat parlementaire cherche en partie à répondre à cette frustration. Comprendre ce contexte t’aide à décoder les annonces sans les surinterpréter.

Ce que ça change concrètement pour toi

Si tu es aujourd’hui en PASS ou en LAS, la réponse est rassurante : les capacités déjà publiées pour ton année ne sont pas bouleversées par ces annonces. Les règles du jeu de ta cohorte sont fixées, et un débat parlementaire en cours ne les réécrit pas rétroactivement. Tu peux donc te concentrer sur ton travail plutôt que sur les rumeurs.

Si tu es lycéen et que tu vises une entrée plus tardive, le sujet mérite un suivi attentif, sans anxiété. Les évolutions législatives prennent du temps, et rien ne se décide en une nuit. Le mieux est de t’appuyer sur des sources officielles et actualisées plutôt que sur des articles anciens qui figent une situation dépassée.

Dans tous les cas, ne laisse pas la question des places dicter tes choix par peur. Le nombre de places ne dépend pas de toi ni de ta prépa, mais des besoins de santé et des capacités des facultés. Ce que tu maîtrises, c’est ta préparation. C’est là qu’il faut mettre ton énergie, pas dans la course aux chiffres flous.

Une dernière recommandation de méthode : quand tu tombes sur un article qui parle de « fin du numerus apertus » ou de « nombre de places », regarde sa date et sa source. Un contenu ancien peut décrire une situation qui a changé, et un contenu sans source peut simplement se tromper. Recouper l’information avec Légifrance, le ministère ou service-public est le seul moyen fiable de ne pas te faire piéger par une donnée périmée.

Ne pas confondre numerus apertus et réforme 2027

C’est la confusion la plus fréquente, et on tient à la désamorcer. Le numerus apertus concerne le nombre de places en deuxième année. La réforme de 2027 concerne, elle, la structure de la première année : à la rentrée 2027, le PASS et la LAS doivent être remplacés par une voie unique d’accès aux études de santé, selon l’annonce officielle du 17 avril 2026.

À la date du 03/07/2026, la réforme de la première année de santé (voie unique annoncée le 17 avril 2026 pour la rentrée 2027) n'a fait l'objet d'aucun décret publié au Journal officiel. Les doyens de médecine demandent un report à 2028. Nous mettons cette page à jour à chaque évolution officielle.

Pour toi qui es aujourd’hui en PASS ou en LAS, retiens qu’aucune de ces annonces ne modifie du jour au lendemain les capacités déjà publiées pour ton année. Pour les lycéens qui visent 2027, c’est un point de vigilance à suivre. Notre article sur la réforme 2027 et la fin du PASS et de la LAS approfondit ce second sujet, distinct du numerus apertus.

Questions fréquentes

C’est quoi le numerus apertus, en clair ?
Le numerus apertus est le système qui a remplacé l’ancien numerus clausus depuis la loi de 2019. Au lieu d’un nombre de places imposé de façon rigide au niveau national, les capacités d’accueil en deuxième année sont fixées par les universités, en concertation avec les agences régionales de santé, selon des objectifs pluriannuels de professionnels à former. L’idée est d’adapter le nombre de places aux besoins des territoires.
Est-ce que le numerus clausus existe encore en médecine ?
Non. Le numerus clausus a été supprimé par la loi du 24 juillet 2019, au profit du numerus apertus. On ne parle donc plus d’un nombre de places imposé uniformément, mais de capacités fixées université par université en fonction des besoins de santé. Attention toutefois aux discours qui emploient encore « numerus clausus » par habitude : le cadre légal, lui, a changé.
Combien de places y a-t-il en 2ème année de médecine ?
Il n’existe pas un chiffre national unique valable partout. Chaque université fixe ses capacités d’admission sur avis favorable de son agence régionale de santé, dans le cadre d’objectifs nationaux pluriannuels arrêtés par l’État. Les places varient donc d’une faculté à l’autre. Méfie-toi de toute prépa ou de tout site qui avance un nombre précis sans source officielle.
La fin du numerus apertus, ça veut dire plus de places pour tout le monde ?
Pas mécaniquement. Une proposition de loi examinée en 2025 aborde la suppression du numerus apertus, mais il faut distinguer ce qui est voté de ce qui reste en projet. Même si le dispositif change de nom, le nombre de professionnels formés reste piloté par des objectifs de santé publique. Conclure « plus de places pour tous » serait un raccourci trompeur.
Numerus apertus et réforme 2027, c’est la même chose ?
Non, ce sont deux sujets distincts souvent confondus. Le numerus apertus concerne le nombre de places en deuxième année. La réforme de 2027 concerne la structure de la première année, avec le remplacement annoncé du PASS et de la LAS par une voie unique. À ce jour, aucun décret n’a été publié pour cette réforme, et son calendrier reste susceptible d’évoluer.